Une petite polémique circule actuellement aux US sur un livre écrit par une professeure de droit de Yale, entre fiction et réalité, qui traite de l'éducation. Vaste sujet aux US, surtout sujet assez sensible: inconsciemment nous l'évitons avec nos nouveaux "amis" américains.
Retour donc sur notre "tiger mum", dont les meilleurs extraits publiés dans le Wall Street Journal ont été gratifiés de la bagatelle de plus de 7500 commentaires (!) et ont propulsé son livre au top 5 des ventes. Ils ont bien sur choisi des extraits gratinés, mais tout compte fait assez proches de la réalité de beaucoup de familles asiatiques. Certaines mamans américaines s'offusquent, s'étranglent et menacent de poursuites judiciaires cette maman à leur yeux folle dingo. Vous trouverez ci-dessous les liens vers ces articles.
Version "chinoise" aux US
Le blog de la maman française le décrit assez bien: ici pas de punitions ou de réprimandes, on est dans l'épanouissement et dans l'encouragement...
Version "française" aux US
C'est un sujet très intéressant et une vraie différence culturelle qui est là surlignée.
Je ne sais pas selon quels principes nous voulons élever Aliénor (et peut être un jour d'autres), ni lesquels nous arriverons à appliquer dans la réalité (nous voyons déjà un écart), mais déjà ne pas avoir de télé et réclamer une fourchette pour Aliénor pour manger de la pizza chez les voisins nous attire déjà des regards plus qu'étonnés! Si encore Aurélie et moi avions eu droit à la télé à volonté, les booms, les félicitations pour un 12/20 etc... Ce serait plus simple! Mais comme on réplique à 80% ce qu'on a eu... nous pouvons nous attendre à quelques grimaces dans les années à venir!!!
Ca c'est pour l'éducation. Pour ce qui est des relations sociales, mon plus grand malheur actuellement est de découvrir que dans le milieu dans lequel nous essayons de nous intégrer (voisins, parents d'enfants dans la classe d'Aliénor) tous jeunes, pas dans le besoin, tous dans des maisons, avec de jeunes enfants etc... Le "dîner" en tant "qu’événement social" ne fait pas partie du paysage. Même si Aurélie dira que dans le passé on a plus invité qu'été reçu (ce qui est vrai), le "dîner" est pour moi un vrai plaisir: que ce soit version raclette, ou version entrée-plat-fromage-dessert, avec des amis ou des "collègues" de travail, le choix des vins, l'engueulade sur le choix de la nappe, la belle vaisselle à laver à la main, choisir les vins, le service... j'adore tout. Il est en France une activité sociale à part entière, pas seulement dans son sens "mondain".
Ici que dalle, rien, makash wallouf, queudchi! Nos vrais "dîneurs" (homards, blanquette de veau etc...) ont jusqu'à présent été nos visiteurs lointains, des américains ex-parisiens (qui râlent comme des français!) et des français américains. Les autres... comment dire... ils ont de belles salles à manger, mais c'est pour des kid's diner (comprenez faut se ramener avec les bambins à 16h, ça grignote pizza etc, et à 18h maximum tout le monde dehors (les enfants au lit à 18h45)) et les repas de Noël et de Thanksgiving. L'alternative, c'est le restaurant. Ils adorent et pratiquent à fond (d'ailleurs l'offre est abondante et de qualité). Comme il y a des exceptions, nous avons une fois dîné assis chez nos voisins (avec les enfants qui courent partout, donc bien avant 20h).
Ca me désespère, et pas seulement pour les bouteilles de vin de la cave que je n'ai pas l'occasion de boire!
Il est 18h, le train arrive en gare, et je vais retrouver mon scooter et les rues de providence sous 10 cm de neige. Faut-il tenter de remonter notre colline en scooter ou à pied? :)